Le Venezuela possède une statistique qui semble presque contradictoire.
En 2023, il détenait environ 303 milliards de barils de réserves prouvées, soit près de 17 % du total mondial.
Et pourtant, il ne produisait qu’environ 0,8 % du pétrole brut mondial.
Comment expliquer un tel écart ? Une partie de la réponse tient à quelque chose que le mot « pétrole » masque facilement : tous les pétroles ne se valent pas physiquement.
🛢️ Ici, le pétrole est extra-lourd
Une grande partie des réserves vénézuéliennes se trouve dans la ceinture de l’Orénoque. Ce brut est très dense et très visqueux.
Pour le transporter et le traiter, il faut souvent le diluer avec des hydrocarbures plus légers, disposer d’installations adaptées et, ensuite, de raffineries capables de prendre en charge ce type de brut.
Avoir énormément de pétrole sous terre ne signifie donc pas avoir énormément de pétrole facilement utilisable.
La vidéo ci-dessus résume justement ce verrou physique. Le point important n’est pas de répéter ici son explication, mais d’ajouter ce qui vient autour.
🏭 La géologie n’explique pas tout
L’EIA relie aussi la faiblesse de la production au sous-investissement, à la dégradation des infrastructures, aux difficultés de PDVSA, à la perte de compétences, à la crise économique et aux sanctions internationales.
En 2023, la production de brut était d’environ 742 000 barils par jour, soit environ 70 % de moins qu’en 2013.
Et ce pétrole plus difficile à transporter et à raffiner demande aussi davantage d’équipements et d’énergie. Son exploitation peut donc être plus coûteuse sur les plans économique, technologique et environnemental.
Ce n’est pas seulement une question de quantité.
Le sous-sol peut être immensément riche, sans que cette richesse puisse couler facilement jusqu’à la surface.
Repères, nuances et vérifications
Les chiffres de réserves et de production ne datent pas de 2026
Les comparaisons utilisées ici proviennent du dernier Country Analysis Brief détaillé de l’EIA : réserves prouvées et parts mondiales pour 2023. Elles servent à illustrer le paradoxe structurel, pas à donner une production quotidienne en temps réel.
Les sanctions ne sont pas l’unique cause
L’EIA cite une combinaison de sanctions, sous-investissement, dégradation des infrastructures, difficultés de PDVSA et perte de compétences. Réduire l’effondrement de la production à une seule cause serait trompeur.
Sources consultables
- U.S. EIA - Venezuela Country Analysis Brief
- U.S. EIA - Venezuela’s heavy crude output and sanctions relief
- U.S. EIA - Extra-heavy crude in the Orinoco Belt
Sources consultées le 21 septembre 2026. Les liens renvoient directement aux documents, données ou contenus cités.
Liens relus le 20 septembre 2026. Les faits documentés renvoient aux sources ci-dessus ; l’angle et les conclusions restent éditoriaux.
