Voir un poisson repartir à la nage donne une impression rassurante : il bouge, donc tout va bien.
Mais une remise à l’eau ne gomme ni le combat, ni l’hameçon, ni la manipulation. Et la photo souvenir, même rapide, ajoute encore quelques secondes à une épreuve que l’animal vient déjà de subir.
📸 Trente secondes pour nous, un choc de plus pour lui
Sorti de l’eau, un poisson ne respire plus normalement : ses branchies ne sont plus traversées comme elles le devraient et son corps n’est plus soutenu par l’eau.
S’il vient de lutter plusieurs minutes, il est déjà épuisé. La chaleur, la taille du poisson, l’espèce et la durée du combat peuvent encore aggraver ce stress.
Une photo n’est jamais prioritaire.
La NOAA recommande de réduire l’exposition à l’air au strict minimum. Lorsque sortir le poisson est inévitable, moins de 60 secondes constitue un objectif idéal — pas une durée garantie sans danger.
Autrement dit, trente secondes ne sont pas « rien ». Le meilleur temps hors de l’eau reste toujours le plus court possible.
🐟 Il peut repartir… et mourir plus tard
Le fait qu’un poisson reparte immédiatement ne prouve pas qu’il survivra. Certaines blessures et certaines mortalités apparaissent plusieurs heures après la remise à l’eau, lorsque le pêcheur n’est plus là pour les voir.
Il n’existe pas de chiffre universel valable pour toutes les espèces et toutes les situations. Le fameux « un poisson sur trois » peut correspondre à certains contextes, mais il ne peut pas être présenté comme une moyenne générale.
Les risques varient notamment selon :
- l’espèce, la taille et l’état du poisson ;
- la température de l’eau ;
- la profondeur de capture ;
- le type d’hameçon et l’endroit où il s’est planté ;
- la durée du combat, de la manipulation et de l’exposition à l’air.
✋ Ce qui abîme le poisson sans toujours se voir
Le poser à terre, le serrer pour qu’il ne glisse pas ou le tenir avec des mains sèches peut retirer une partie du mucus qui protège sa peau contre les infections.
Une prise verticale ou maladroite peut également endommager les yeux, les branchies et les organes internes, surtout chez les gros poissons dont le corps n’est plus soutenu par l’eau.
- Jamais sur un sol sec ou rugueux.
- Jamais les doigts dans les branchies ou les yeux.
- Jamais serré uniquement pour réussir la photo.
⬆️ En profondeur, un autre danger apparaît
Un poisson remonté rapidement depuis plus de 30 pieds, soit environ 9 mètres, peut souffrir de barotraumatisme.
Les gaz contenus dans son organisme se dilatent : abdomen gonflé, yeux bombés, difficulté à redescendre. Dans ce cas, le relâcher simplement à la surface ne suffit pas toujours ; un dispositif de recompression peut être nécessaire.
✅ Si on le relâche, le poisson passe avant la photo
- préparer l’appareil avant de sortir le poisson de l’eau ;
- le décrocher dans l’eau autant que possible ;
- mouiller les mains et utiliser une épuisette souple sans nœuds ;
- soutenir son corps horizontalement, sans le comprimer ;
- éviter les combats interminables avec un matériel adapté ;
- couper le bas de ligne si retirer un hameçon profondément avalé causerait plus de dégâts.
On peut aimer la pêche et respecter la vie. Mais une remise à l’eau vraiment responsable commence par une idée simple : le souvenir de la prise ne doit jamais passer avant les chances de survie du poisson.
Le no-kill peut réduire la mortalité. Il ne rend ni la capture, ni la manipulation, ni la photo sans conséquence.
Sources consultables
- NOAA Fisheries — Release mortality science
- NOAA Fisheries — Bonnes pratiques de remise à l’eau
- NOAA Fisheries — Photographier sans compromettre la remise à l’eau
- Pêches et Océans Canada — Remise à l’eau sécuritaire des saumons
Sources consultées le 29 juillet 2026. Les liens renvoient directement aux documents, données ou contenus cités.
Liens relus le 29 juillet 2026. Les faits documentés renvoient aux sources ci-dessus ; l’angle et les conclusions restent éditoriaux.

