Le Nutri-Score n’est pas parfait. Il ne résume pas tout ce qu’est un aliment et ne remplacera jamais une politique nutritionnelle ambitieuse.
Mais ce n’est pas une raison pour l’affaiblir.
Lorsqu’un outil simple permet aux consommateurs de comparer rapidement les produits, il réduit un peu l’avantage de ceux qui maîtrisent les recettes, les emballages et la communication.
⏳ Une réforme retardée, puis finalement signée
Le nouvel algorithme du Nutri-Score était appliqué par plusieurs pays partenaires depuis le 1er janvier 2024.
En France, il a fallu attendre le 14 mars 2025 pour que l’arrêté soit enfin signé.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait exprimé de fortes réserves au nom des produits du terroir et de certaines filières. Le gouvernement a finalement adopté la réforme, tout en demandant que ses « effets de bord » continuent d’être étudiés.
Il serait donc faux d’écrire que la ministre a définitivement renoncé au nouveau Nutri-Score.
Mais il est légitime de rappeler que sa mise en œuvre française a pris plus d’un an de retard, dans un contexte de forte opposition de l’industrie agroalimentaire et de débats politiques sur la protection de certaines productions.
⚠️ Pourquoi ce retard compte
Le nouvel algorithme devait mieux distinguer :
- les produits trop sucrés ou trop salés ;
- les céréales complètes de leurs versions raffinées ;
- les huiles selon leur teneur en graisses saturées ;
- les boissons contenant des édulcorants.
Retarder son application, ce n’était donc pas suspendre un détail graphique.
C’était maintenir plus longtemps une information moins précise, alors que le surpoids, l’obésité et les maladies chroniques liées à l’alimentation constituent déjà un problème majeur de santé publique.
🔍 Ce que le Nutri-Score dit — et ce qu’il ne dit pas
Le logo compare la qualité nutritionnelle des produits à partir de leur teneur en énergie, sucres, sel, graisses saturées, fibres, protéines, fruits, légumes ou légumineuses.
Il est surtout utile pour choisir entre des aliments comparables : deux plats préparés, deux céréales ou deux boissons.
- Il ne mesure pas directement le degré de transformation ou les additifs.
- Il ne renseigne pas sur les pesticides ou l’origine des ingrédients.
- Il ne résume ni l’empreinte écologique ni les conditions de production.
- Un produit classé A n’est pas parfait ; un produit classé D ou E n’est pas interdit.
🏷️ La transparence reste facultative
Le vrai paradoxe est là : le Nutri-Score est présenté comme un outil utile, mais son affichage reste volontaire.
Les entreprises peuvent donc choisir de ne pas montrer la note lorsque celle-ci sert mal leur image.
On peut améliorer l’algorithme, expliquer ses limites et défendre le patrimoine alimentaire français.
👉 Lorsque la transparence dépend du bon vouloir de ceux qu’elle doit éclairer, le consommateur reste toujours le moins bien armé.
Sources consultables
- Ministère de l’Agriculture — Signature de l’arrêté du Nutri-Score, 14 mars 2025
- Assemblée nationale — Retard de publication du nouvel algorithme et réponse du Gouvernement
- Ministère de la Santé — Fonctionnement et évolution du Nutri-Score
Sources consultées le 30 juillet 2026. Les liens renvoient directement aux documents, données ou contenus cités.
Liens relus le 30 juillet 2026. Les faits documentés renvoient aux sources ci-dessus ; l’angle et les conclusions restent éditoriaux.

