Le 28 avril 2025, à 12 h 33, l’Espagne continentale et le Portugal ont subi un black-out total.
En quelques instants, la production s’est déconnectée en cascade et toute la péninsule ibérique s’est retrouvée privée d’électricité.
La France n’est pas restée totalement à l’écart : quelques installations et consommateurs du Sud-Ouest ont été brièvement touchés.
Mais les protections du réseau français ont isolé l’incident et empêché sa propagation au reste de l’Europe.
Ce que la méga-panne espagnole a réellement montré
Le rapport final publié en mars 2026 ne désigne pas un coupable unique.
Il décrit une combinaison de phénomènes :
- des oscillations sur le réseau ;
- des défauts de contrôle de la tension et de la puissance réactive ;
- des équipements insuffisamment mobilisés ;
- des baisses rapides de production ;
- des déconnexions successives de générateurs.
Autrement dit, le black-out ne prouve pas que « le solaire a fait tomber l’Espagne ».
Il montre qu’un réseau moderne ne peut pas fonctionner avec des slogans. Produire beaucoup d’électricité ne suffit pas : il faut aussi maintenir la tension, la fréquence, les réserves, les automatismes et la coordination entre tous les acteurs.
La France a tenu — puis aidé à rallumer l’Espagne
Lorsque le réseau espagnol a perdu son synchronisme, les protections françaises ont joué leur rôle de pont-levis.
Puis, une fois la stabilité vérifiée, RTE a remis l’interconnexion sous tension et augmenté progressivement les exportations vers l’Espagne, jusqu’à 2 000 MW, pour accompagner la reconstitution du système.
Cet épisode a confirmé l’intérêt d’un mix français combinant :
- un nucléaire pilotable ;
- un hydraulique flexible ;
- des renouvelables ;
- un réseau maillé ;
- des mécanismes de défense capables d’isoler rapidement un incident.
Mais il ne transforme pas la France en forteresse invulnérable : RTE rappelle qu’un black-out reste possible avec n’importe quel mix énergétique.
🔌 Le vrai problème n’est pas une énergie, mais l’absence de coordination
Le solaire et l’éolien peuvent produire massivement une électricité bas carbone.
Mais leur intégration exige des réseaux renforcés, des capacités de réglage, du stockage, des interconnexions maîtrisées et des obligations techniques adaptées aux nouveaux équipements.
À l’inverse, le nucléaire et l’hydraulique apportent de la stabilité et de la flexibilité, mais ils nécessitent eux aussi entretien, investissements et anticipation.
Aucun moyen de production ne dispense de construire un système cohérent.
⏳ La France tient encore la barre… mais jusqu’à quand ?
En 2025, plus de 95 % de l’électricité française était bas carbone. Cet avantage est immense.
Pourtant, il peut s’éroder :
- si le parc nucléaire vieillit sans remplacement ;
- si les réseaux prennent du retard ;
- si les renouvelables sont raccordés sans services de stabilité suffisants ;
- si l’électrification des transports, du chauffage et de l’industrie n’est pas anticipée.
👉 La panne ibérique n’est pas une victoire française sur ses voisins. Le réseau obéit aux lois de la physique, pas aux préférences politiques. La France possède aujourd’hui un matelas de sécurité précieux. À elle de ne pas l’user en croyant qu’il sera éternel.
Sources consultables
- RTE — FAQ actualisée sur le black-out ibérique du 28 avril 2025
- ENTSO-E — Rapport final sur le black-out espagnol et portugais
- RTE — Bilan électrique français 2025
Sources consultées le 30 juillet 2026. Les liens renvoient directement aux documents, données ou contenus cités.
Liens relus le 30 juillet 2026. Les faits documentés renvoient aux sources ci-dessus ; l’angle et les conclusions restent éditoriaux.

