Sur une carte du monde, le détroit d’Ormuz paraît minuscule.
Entre l’Iran et Oman, ce passage relie le golfe Persique à l’océan Indien. Pourtant, il constitue l’un des points les plus sensibles du système énergétique mondial.
🛢️ Un cinquième du pétrole mondial
Au premier semestre 2025, environ 20,9 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers par jour transitaient par Ormuz selon l’Energy Information Administration américaine.
Cela représentait l’équivalent d’environ 20 % de la consommation mondiale de produits pétroliers et près d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole.
Le problème n’est donc pas seulement la largeur du détroit : c’est la quantité d’énergie qui doit y passer.
🚧 Et les routes alternatives ?
Elles existent, mais elles ne suffisent pas à remplacer Ormuz.
L’EIA estime que les principaux oléoducs d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis permettant de contourner le détroit offrent environ 4,7 millions de barils par jour de capacité disponible.
Autrement dit : en cas de perturbation majeure, une partie des flux peut être déviée, mais pas la totalité.
📉 2026 a montré ce que cela signifie concrètement
Le sujet n’est plus seulement théorique.
Selon l’EIA, les flux pétroliers passant par Ormuz sont tombés d’environ 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025 à 14,9 millions au premier trimestre 2026, puis à seulement 4,9 millions au deuxième trimestre.
L’Agence internationale de l’énergie a ensuite décrit des marchés très instables : reprise partielle des flux, nouvelles interruptions, hausse des prix et pression persistante sur les produits raffinés.
Un détroit de quelques dizaines de kilomètres peut donc perturber l’énergie mondiale parce qu’il concentre des volumes gigantesques qu’aucune route alternative ne peut remplacer rapidement.
⛽ Cela veut-il dire que le prix à la pompe dépend uniquement d’Ormuz ?
Non.
Le prix du pétrole réagit au risque de rupture d’approvisionnement, parfois avant même qu’un baril manque réellement. Mais le prix payé par un automobiliste dépend aussi du raffinage, des stocks, du taux de change, des coûts de transport, des marges et de la fiscalité.
Une tension autour d’Ormuz peut donc peser fortement sur les marchés sans expliquer, à elle seule, chaque hausse de prix.
Ormuz n’est pas un bouton magique qui fixe le prix de l’énergie.
Mais lorsqu’un passage qui transporte historiquement près d’un cinquième du pétrole mondial est perturbé, les conséquences peuvent devenir planétaires.
Et 2026 l’a montré de façon très concrète.
Repères, nuances et vérifications
Les chiffres changent avec la situation géopolitique
Le chiffre d’environ 20 % décrit le poids d’Ormuz dans une situation de transit relativement normale, notamment en 2024 et au premier semestre 2025. Les volumes observés en 2026 ont été beaucoup plus faibles en raison des perturbations liées au conflit régional.
Le marché réagit aussi aux anticipations
Les cours peuvent augmenter ou diminuer avant que les flux physiques ne changent complètement, car les opérateurs intègrent le risque d’interruption, la disponibilité des stocks et les perspectives de réouverture du passage.
Sources consultables
- U.S. EIA — World Oil Transit Chokepoints
- U.S. EIA — flux pétroliers par les détroits, données 2026
- IEA — Oil Market Report, août 2026
Sources consultées le 20 septembre 2026. Les liens renvoient directement aux données et analyses citées.
Liens relus le 20 septembre 2026. Les volumes historiques et les perturbations de 2026 sont distingués pour éviter de présenter un chiffre ancien comme une situation permanente.

